Un blog Transilien SNCF Voyageurs pour Île-de-France Mobilités

2 photos qui mettent à l'honneur Mingo, un chien qui travaille avec sa maîtresse au sein de la Sûreté Ferroviaire et qui est spécialisé dans la cyno-détection. Série "Affaires oubliées"

À la rencontre d’une agent de la Sûreté Ferroviaire

Je suis allée interviewer une agent de la Sûreté Ferroviaire à Paris Gare de Lyon. Venez découvrir ses missions, son quotidien et... son binôme 🐶

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Séverine* et de Mingo, un duo de choc qui travaille au sein de la Sûreté Ferroviaire à la cyno-détection. Une interview qui nous permettra de clôturer notre série sur la thématique des affaires oubliées.

  • En quelques mots, peux-tu me présenter ton métier et ton parcours ?

Je suis agent de la Sûreté Ferroviaire, spécialisée dans la cyno-détection. Cela veut dire que je travaille en binôme avec mon chien, qui s’appelle Mingo. Auparavant, je travaillais déjà en tant que conductrice de chien dans le secteur privé, jusqu’à ce que j’intègre la SNCF en 1999.

En fait, je suis passionnée de chiens depuis toute petite. J’ai également été également formatrice en club. Je connais bien l’agility (c’est un sport canin dans lequel le chien évolue sur un parcours d’obstacles, sous la conduite de son maître), la compétition, ainsi que le pistage français : une discipline sportive canine qui a pour but de mettre en valeur les qualités olfactives du chien et qui m’a inspirée pour la suite de mon parcours.

  • Dis-m’en plus sur Mingo !

Mingo est un springer. Nous nous sommes rencontrés il y a environ 8 ans, quand il avait un an. C’est un chien très joueur, ce qui est le profil idéal pour ce type de travail. Même s’il approche de la retraite, il est toujours aussi enthousiaste quand il s’agit de travailler… ou plutôt de jouer ! Mingo a un faible pour les croquettes à l’agneau. Il a une tête très sympathique qui attire immédiatement la sympathie des voyageurs, et même de mes collègues.

  • Quelles sont tes missions ?

Je tiens tout d’abord à préciser que je ne suis pas toute seule : nous travaillons Mingo et moi en équipe. C’est mon collègue, mon binôme. Dans la cyno-détection, le chien et le maître sont indissociables.

La mission prioritaire d’un agent de la cyno-détection, c’est l’intervention sur les objets délaissés pour la sécurité des personnes (dans le cadre du plan Vigipirate) et la régularité des transports.

En parallèle, nous sommes également présents pour rassurer et renseigner les voyageurs.

  • J’imagine qu’il faut suivre une formation spécifique pour exercer ce métier ?

Oui, bien entendu. J’avais déjà suivi auparavant une formation au Centre National d’Instruction Cynophile de la Gendarmerie. Par la suite, pour exercer mes missions au sein de la Sûreté Ferroviaire, j’ai dû suivre pendant environ 4 mois une formation interne SNCF qui m’a permis d’obtenir avec Mingo une certification en cyno-détection d’explosifs, délivrée par la Police nationale.

Et la formation ne s’arrête jamais réellement car le chien continue d’apprendre toute sa vie. Nous passons presque 24 heures sur 24 ensemble et, l’idée, c’est de lui remémorer régulièrement les odeurs, de travailler avec lui dans différents contextes (que ce soit au niveau du bruit ou de l’environnement)… afin qu’il conserve les bons réflexes.

  • Comment se déroule une journée type ?

Il n’y a pas vraiment de journée type car chaque jour est différent. Nous changeons régulièrement de gare pour chaque service. Par exemple, quand nous sommes avec Mingo à Paris Gare de Lyon, nous nous greffons aux équipes de la Sûreté Ferroviaire afin de faire des rondes préventives.

Quand un objet délaissé est signalé (par exemple via un signalement remonté via le 3117), le poste de commandement nous appelle pour nous demander d’intervenir. Et même si nous découvrons nous-même l’objet en gare, nous devons forcément nous rapprocher du poste de commandement qui nous donnera l’autorisation d’intervenir.

  • Mingo peut-il prendre des pauses pendant votre service ?

Généralement, nous travaillons durant 5 jours avec un temps de repos consécutif. Par ailleurs, la réglementation indique que c’est à l’appréciation du maître-chien de définir des moments de pause afin de sortir l’animal, de jouer avec lui, de se promener avec lui en gare, etc. Il est de ma responsabilité de veiller à son bien-être. En fin de mission, le chien est placé au repos à l’abri des intempéries.

  • Est-ce que le fait d’avoir un chien change ta relation avec les voyageurs ?

Oui, complètement ! Que ce soit un malinois ou un springer, comme Mingo. C’est vrai que le springer attire beaucoup de sympathie. Ça permet d’avoir un dialogue avec des personnes qui, de base, n’auraient peut-être pas voulu échanger avec nous. Même parmi nos collègues, ces chiens sont très appréciés.

  • Qu’est-ce qui te passionne dans ce métier ?

Comme je le disais plus tôt, j’aime les chiens depuis toute petite. J’ai découvert l’olfaction grâce au pistage français, où il y a beaucoup de choses à découvrir, parce que c’est le sens le plus développé chez le chien.

Conduire, ce n’est pas juste être au bout d’une longe. C’est presque une danse : il faut savoir présenter les choses à l’animal sans l’influencer, car notre attitude peut lui faire croire qu’il y a quelque chose à détecter. C’est un échange. Il y a constamment de nouvelles choses à apprendre, et c’est ce qui me passionne.

  • Tu disais, tout à l’heure, que Mingo approche de la retraite. Qu’est-ce que ça signifie concrètement pour votre binôme ?

En moyenne, les chiens travaillent jusqu’à 8 ou 9 ans jusqu’à ce que l’on repère une fatigue au niveau de l’olfaction. Puis, quand ils partent à la retraite, ils restent généralement au domicile du maître-chien ; ce sera aussi le cas pour Mingo.

Pour préparer la relève, il faut trouver un chien qui soit joueur et qui soit très vite proche du maître, car il devra acquérir plein de compétences dans un délai de quelques mois. Il faut également un animal compatible avec sa famille et tout son environnement personnel.

Quand Mingo partira à la retraite, je formerai un nouveau binôme avec Mac. C’est un malinois âgé de 4 ans qui a débuté sa carrière en cyno-détection à la Sûreté Ferroviaire à Marseille qui viendra me rejoindre en région parisienne et qui connaît donc très bien l’univers ferroviaire.

* Son prénom a été modifié pour l’article
Une photo de l'écusson porté par Mingo, un chien qui travaille avec sa maîtresse au sein de la Sûreté Ferroviaire et qui est spécialisé dans la cyno-détection.

J’espère que cette interview vous a plu et qu’elle vous a permis de mieux comprendre le travail passionnant de Séverine et de Mingo. Surtout, n’hésitez pas à partager vos questions ou vos réactions en commentaire.

À lire également

Déposez le premier commentaire sur ce sujet

Pour commenter, vous n’avez désormais plus besoin de créer un compte ; seuls un pseudo et une adresse mail sont nécessaires.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vos communautés en ligne
Ensemble sur la ligne A Ensemble sur la ligne B Ensemble sur la ligne C Ensemble sur la ligne D Ensemble sur les lignes E et T4 Ensemble sur la ligne H Ensemble sur la ligne J Ensemble sur la ligne L Ensemble sur les lignes N et U Ensemble sur la ligne P Ensemble sur la ligne R